La journée mondiale de la sécurité des patients s’est célébrée le 17 septembre 2021 sous le thème : «Les soins maternels et néonatals sans risque». Ce fut une occasion de sensibiliser le monde entier au manque de sécurité dans les centres de soins pouvant occasionner le décès de plus de trois millions de personnes chaque année.
Quant au choix du thème, l’Organisation mondiale de la santé (Oms) l’explique par le fait que, les soins dangereux exposent les femmes et les nouveau-nés à des risques et à des conséquences néfastes aggravés par les perturbations dues à la pandémie de la Covid-19.
Au plan mondial, environ 810 femmes meurent chaque jour de causes qui pourraient être évitées en lien avec la grossesse et l’accouchement. Près de 7000 nouveau-nés meurent chaque jour, soit 47 % de tous les décès d’enfants de moins de cinq ans. De plus, on compte quelque deux millions d’enfants mort-nés chaque année, dont plus de 40 % meurent pendant le travail.
Au Cameroun pour ne prendre que le cas de la région de l’Est, le tableau de la mortalité maternelle, néonatale et infantile en 2019 affichait 782 décès pour 100 mille accouchements, 39 décès pour 1000 naissances et 127 décès pour 1000 enfants.
Pour l’Oms, il est possible d’éviter la plupart des décès maternels et néonatals grâce à une prestation de soins assurée par des professionnels de santé qualifiés, travaillant dans des environnements favorables.
Cela ne pourra se faire qu’avec la collaboration de toutes les parties concernées et l’adoption d’approches globales et fondées sur les communautés pour les systèmes de santé. Pour cela, elle exhorte toutes les parties concernées à « Agir maintenant pour un accouchement sûr et respectueux ».
Instituée lors de la 72e Assemblée mondiale de la santé en mai 2019, la Journée mondiale de la sécurité des patients a pour but de mieux faire comprendre ce sujet à l’échelle mondiale, de renforcer la participation du grand public à la sécurité des soins de santé et de promouvoir des mesures mondiales visant à améliorer la sécurité des patients et à réduire les conséquences néfastes pour eux.
L’édition de cette année a pour objectifs majeurs, de mieux faire « connaître les questions de sécurité de la mère et du nouveau-né, en particulier pendant l’accouchement de mobiliser de multiples parties prenantes et adopter des stratégies efficaces et novatrices pour améliorer la sécurité de la mère et du nouveau-né ; de conjuguer des actions urgentes et durables pour l’ensemble des parties concernées en vue d’atteindre les laissés-pour-compte et de garantir des soins maternels et néonatals sûrs, en particulier pendant l’accouchement. En fin, de préconiser l’adoption de pratiques exemplaires sur le lieu des soins ».
La manifestation au Cameroun a été marquée par une sensibilisation de masse à Douala, à l’initiative de la Fondation camerounaise des consommateurs (Focaco), membre de l’Alliance internationale des Organisations des patients (lapo) qui, à l’occasion de cette célébration, a produit un Mémorandum dont la teneur suit :
À travers ce mémorandum, la Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) demande aux pouvoirs publics et dirigeants des structures hospitalières de s’engager sur des mesures en faveur de la santé afin d’améliorer l’organisation de la prise en charge du patient, lutter contre les actes médicaux inutiles et surtout des soins maternels et néonatals sans risque.
Nos recommandations :
1) Mettre fin aux actes médicaux inutiles, un réservoir d’économies pour les patients
Dans la pratique, il y a des médecins qui émettent plusieurs hypothèses diagnostiques qui les amènent à prescrire divers examens souvent inutiles et coûteux pour les patients.
Contrairement à une idée reçue, les causes des actes inutiles sont plus souvent des défauts organisationnels que des manques d’expertise dans les pratiques de soins. Ce sont des défaillances de coordination entre différentes étapes du parcours, des défauts d’orientation des patients qui se traduisent par des doublons de prescription et des surtraitements.
2) Promouvoir l’humanisation de la prise en charge des patients
Aujourd’hui, la pratique du soin nourrit de nombreuses polémiques qui se cristallisent sur une préoccupation unique : le devenir du soin. Privilégiant l’organe au détriment de la personne, le professionnel du soin dénature le véritable sens de la fonction soignante. Or pour être véritablement soignant, l’exercice du soin doit être avant tout humanisant, et se mettre au service de la personne à qui il s’adresse. Partant de ce constat, le droit précise les conditions d’une véritable relation thérapeutique équilibrée où le patient est acteur de sa santé. Il a entendu ainsi garantir des soins porteurs de sens et d’humanité.
3) Recourir aux nouvelles technologies
Il s’agira de favoriser le développement des systèmes d’informations partagées, et de s’appuyer sur le numérique et l’intelligence artificielle, pour permettre des suivis à distance et fiabiliser certaines étapes par des dispositifs de machine learning.
4) Soutenir les patients et les fournisseurs à chaque étape d’un parcours de soins de santé en s’assurant que des soins primaires efficaces constituent le fondement d’un système de soins de santé intégré.
5) Répondre aux pressions à court et à long terme sur la capacité, y compris les temps d’attente pour les soins spécialisés et communautaires, en maximisant les actifs et les compétences existants et en faisant de nouveaux investissements stratégiques. Bâtir le système de soins de santé approprié pour l’avenir.
Fait à Douala, le 17 septembre 2021
(é) Alphonse AYISSI ABENA
Président exécutif FOCACO et membre de l’Alliance internationale des organisations des patients (IAPO)


