
Par La Voix du Consommateur
C’est un virage vert majeur pour le Cameroun qui se confirme à la Primature.
Le 30 septembre dernier, le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Joseph Dion Ngute, a accordé une audience aux responsables de l’entreprise Ecogreen, filiale du Groupe ABN, à l’Immeuble Étoile.
Conduite par El Sahely Nessralah, Président Directeur Général du Groupe ABN, et Ali Chaabi, Directeur administratif et juridique d’Ecogreen, la délégation est venue dire une chose simple : le secteur privé est prêt pour la nouvelle réglementation plastique.
Le 1er décembre, tout change
Une nouvelle norme va s’appliquer dès le 1er décembre prochain, en application de l’arrêté conjoint du Ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique et du Ministre de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement Durable signé le 8 décembre 2025.
L’obligation : incorporer au minimum 30% de PET recyclé d’origine camerounaise dans les emballages.
Ecogreen s’active pour aligner son activité à cette exigence.
« Nous sommes prêts à satisfaire toute la demande en matière de recyclé en lien avec cet arrêté. On peut le faire, même si les demandes augmentent », a affirmé Ali Chaabi à sa sortie d’audience.
De 8 000 à 16 000 tonnes : le pari industriel
L’optimisme d’Ecogreen s’appuie sur des investissements concrets. Jusqu’ici, l’entreprise basée à Douala avait une capacité de production de 8 000 tonnes de PET recyclé par an.
Avec la construction d’une nouvelle unité, cette capacité va doubler pour passer à 16 000 tonnes.
Une activité saluée par la Primature car elle répond à un double besoin :
- Un besoin économique réel : création d’emplois, réduction de l’importation de résine vierge qui coûte des devises, alimentation du marché local.
- Une nécessité de protection de l’environnement : comme le relève Cameroon Tribune de ce jour, les grandes villes font face à un engorgement régulier des drains et cours d’eau du fait de l’accumulation des bouteilles plastiques. Dans un contexte de changement climatique marqué par une pluviométrie abondante, c’est l’inondation assurée malgré les aménagements.
Pour La Voix du Consommateur, c’est une victoire. Depuis des années, nous dénonçons la pollution plastique comme une escroquerie contre le consommateur : on nous vend un produit, et on nous laisse la facture de son déchet.

Avec cette norme des 30% et un opérateur local capable de fournir, le Cameroun entre enfin dans l’économie circulaire. Le déchet du consommateur devient la matière première de l’industrie nationale.
Le Premier Ministre a pris acte. La transition écologique est désormais validée au plus haut sommet de l’État.








