
La Fondation Camerounaise des Consommateurs (FOCACO) a suivi avec une attention soutenue le point de presse animé le 15 octobre 2026 par M. Joseph Flavien KANKEU, Responsable de la Communication de la société CONGELCAM S.A.
Prenant la parole au nom des consommateurs camerounais, la FOCACO tient à apporter une réponse ferme, claire et sans équivoque à cette sortie médiatique.
HALTE AU CHANTAGE À LA PÉNURIE
Prédire publiquement que les étals des marchés seront déserts à la fin du mois de novembre 2026, au seul motif que l’État n’accorderait pas une rallonge d’importation de 100 000 tonnes, ne relève pas de la prévention : il s’agit d’une tentative de chantage économique.
Le poisson est une protéine essentielle du panier de la ménagère camerounaise. L’approvisionnement de tout un peuple ne saurait être otage des exigences d’un unique opérateur privé. Si une rupture survient, elle ne sera ni technique ni naturelle : elle sera artificielle, orchestrée et spéculative.
UN ACTE FORT DE SOUVERAINETÉ NATIONALE : LA FOCACO SALUE LE GOUVERNEMENT
La FOCACO félicite chaleureusement le Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA) pour son arbitrage courageux ayant ramené le quota de CONGELCAM de 200 000 tonnes en 2025 à 100 000 tonnes en 2026.
Cette orientation traduit concrètement la mise en œuvre de la politique d’Import-Substitution :
- Assainissement des finances publiques : Stopper la fuite de plus de 150 milliards FCFA de devises chaque année.
- Souveraineté alimentaire : Promouvoir et consommer le poisson Made in Cameroon.
- Soutien à l’emploi jeune : Donner enfin une chance à nos pisciculteurs et pêcheurs artisanaux.
UN POTENTIEL AQUACOLE IMMENSÉMENT GASPILLÉ
Le Cameroun a 400 km de côtes, le deuxième réseau hydrographique d’Afrique et un potentiel de 500 000 tonnes par an, exploité à moins de 10%.
Pourquoi ? Parce que l’importation massive exerce une concurrence déloyale qui tue la production locale. Importer sans mesure, ce n’est pas nourrir le Cameroun, c’est appauvrir le Cameroun.
POSTURE DE VICTIMISATION ET PRÉSUMÉE VIOLATION DES LOIS DE LA RÉPUBLIQUE
Face aux arguments de CONGELCAM S.A., la FOCACO rappelle les faits :
- Sur le monopole de fait : L’existence théorique de 34 agréments ne fait pas 34 opérateurs opérationnels. Quand un seul acteur concentre 104 000 tonnes de capacité de stockage à Douala, le monopole de fait est indiscutable.
- Sur la réglementation commerciale : En cumulant les activités d’importateur grossiste et de commerçant détaillant, la société CONGELCAM S.A. serait en situation de présumée violation de la Loi N°2015/018 du 21 décembre 2015 régissant l’activité commerciale au Cameroun, qui encadre strictement le cumul des activités. Cette situation, si elle était avérée, serait de nature à étouffer les petits commerçants et les bayam-sellam dans nos marchés. La FOCACO invite le MINCOMMERCE à clarifier cette situation.
CONCLUSION ET MAIN TENDUE
Le Cameroun n’a pas besoin de plus de poisson importé. Il doit produire plus de poissons sur son propre sol. La pénurie brandie n’est pas une crise alimentaire, c’est la fin d’une rente.
Dans cet esprit, la FOCACO exige :
- Le maintien de la réduction des quotas d’importation ;
- La publication des quotas réels des 34 importateurs agréés ;
- L’application stricte de la loi sur le cumul d’activités par le MINCOMMERCE ;
- L’affectation de 20% des droits de douane du poisson à un Fonds National de Développement de l’Aquaculture.
Au-delà de cette réponse, la FOCACO tend la main à CONGELCAM S.A. et l’invite à investir massivement dans l’aquaculture et la pisciculture locale. C’est ensemble que nous bâtirons la souveraineté halieutique du Cameroun.
Fait à Douala, le 16 octobre 2026
(é) Alphonse AYISSI ABENA
Président Exécutif FOCACO
-Expert en Consumérisme et Enseignant à l’ENAM
-Membre de l’Organisation Africaine des Consommateurs (OAC)
-Membre de l’Alliance Internationale des Organisations de Patients (IAPO)
Tél : +237 699 52 87 06 / +237 671 04 24 12
Site : www.lavoixduconsommateur.com








